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Agent IA : c’est quoi, et comment en créer un avec Claude Code

Agent, chatbot ou automatisation : les différences, un exemple concret avec Claude Code et des subagents, et les garde-fous à poser avant de lâcher un agent.

Par Karim El Otmani

7 min de lecture

Un agent IA, en une phrase

Un agent IA est un programme où un modèle de langage décide lui-même des étapes à suivre et des outils à utiliser pour atteindre un objectif : il lit, agit, regarde le résultat, puis recommence jusqu’à ce que la tâche soit finie ou qu’il ait besoin de vous. La différence avec un simple chatbot, c’est qu’il ne fait pas que répondre : il agit.

Anthropic, l’entreprise qui développe Claude, propose une distinction que je trouve très utile dans son article Building effective agents (décembre 2024). Les workflows sont des systèmes où le modèle et les outils suivent des chemins écrits à l’avance dans le code. Les agents sont des systèmes où le modèle dirige lui-même son processus et l’usage de ses outils. Le mot « agent » est très utilisé en marketing en ce moment ; cette définition permet de trier.

Agent, chatbot ou automatisation : quelle différence ?

On mélange souvent trois choses. Voici comment je les distingue quand on me parle d’« agent IA » :

ChatbotAutomatisation (workflow)Agent
Ce qu’il faitRépond à des questionsEnchaîne des étapes prévuesChoisit ses étapes pour atteindre un but
Qui décide de la suiteVous, à chaque messageLe scénario écrit à l’avanceLe modèle, dans les limites que vous fixez
ExempleUn assistant qui répond aux questions sur vos horairesChaque nouvelle commande WhatsApp crée une ligne dans un tableur et envoie une confirmation« Corrige le bug du formulaire de contact » : il lit le code, teste, modifie, relance
Quand le choisirQuestions fréquentes, support simpleTâche répétitive et prévisibleTâche variable, qui demande de chercher et d’essayer

Mon avis, aligné sur celui d’Anthropic dans le même article : commencez par la solution la plus simple. Si un workflow fait le travail, vous n’avez pas besoin d’un agent. Un agent coûte plus cher, est plus lent et plus difficile à contrôler. Il se justifie quand la tâche ne peut pas être décrite à l’avance étape par étape.

Claude Code est déjà un agent

Bonne nouvelle : pour expérimenter, vous n’avez pas besoin de construire un agent de zéro. Claude Code en est un. Quand vous lui demandez de corriger un bug, il décide lui-même quels fichiers lire, quelles commandes lancer et quelles modifications proposer. Vous restez dans la boucle : par défaut, il vous demande votre accord avant de modifier un fichier ou d’exécuter une commande.

Si vous ne l’avez jamais utilisé, commencez par mon guide du débutant Claude Code, puis revenez ici.

Exemple pas à pas : une petite équipe avec des subagents

Claude Code permet de créer des subagents : des assistants spécialisés, chacun avec ses instructions et ses outils autorisés. D’après la documentation des subagents, chaque subagent tourne dans sa propre fenêtre de contexte : il ne pollue pas la conversation principale avec tous les fichiers qu’il a lus, et il ne rend que son résultat.

Prenons un cas concret : vous construisez le site d’un petit restaurant à Fès, et vous voulez qu’à chaque modification, quelqu’un relise le code et quelqu’un vérifie que la page reste lisible sur mobile. On va créer deux subagents.

1. Où se trouvent les subagents

Un subagent est un fichier Markdown avec un en-tête YAML. Deux emplacements sont possibles :

  • .claude/agents/ dans votre projet, pour les subagents propres à ce projet (et partageables avec votre équipe via Git) ;

  • ~/.claude/agents/ dans votre dossier personnel, pour ceux que vous voulez dans tous vos projets.

La commande /agents, dans Claude Code, permet de les créer et de les gérer sans écrire le fichier à la main.

2. Le relecteur

Créez .claude/agents/relecteur.md :

---
name: relecteur
description: Relit les modifications récentes et signale les bugs, les oublis et le code inutile. À utiliser après chaque changement de code.
tools: Read, Grep, Glob
---

Tu es un relecteur de code exigeant mais bienveillant.
Lis les fichiers modifiés et liste, par ordre de gravité :

1. les bugs probables ;
2. les cas oubliés (champ vide, mobile, erreur réseau) ;
3. ce qui peut être simplifié.
   Tu ne modifies aucun fichier. Tu réponds en français, en moins de 15 lignes.

Les champs name et description sont obligatoires. La description compte beaucoup : c’est elle qui aide Claude Code à savoir quand faire appel à ce subagent. Le champ tools limite ce qu’il a le droit de faire : ici, lire et chercher, mais pas écrire. C’est un garde-fou simple et efficace.

3. Le testeur mobile

Créez .claude/agents/testeur-mobile.md :

---
name: testeur-mobile
description: Vérifie que les pages HTML et CSS restent lisibles sur un écran de téléphone. À utiliser après une modification de mise en page.
tools: Read, Grep, Glob
---

Tu vérifies la mise en page pour un écran de 375 px de large.
Cherche : textes trop petits, éléments qui dépassent, boutons trop proches,
images sans largeur maximale. Propose des corrections précises,
sans les appliquer.

4. Les faire travailler

Dans Claude Code, demandez par exemple :

Ajoute une section « Menu du jour » à index.html avec trois plats et leur prix en dirhams. Ensuite, fais relire la modification par le relecteur et vérifier la mise en page par le testeur-mobile, puis corrige ce qu’ils signalent.

Claude Code fait la modification, délègue la relecture et la vérification aux deux subagents, récupère leurs remarques et propose les corrections. Vous validez chaque changement comme d’habitude.

Ce n’est pas magique : c’est une façon d’organiser le travail. Mais c’est exactement le principe d’un système multi-agents, à une échelle que vous pouvez comprendre et contrôler.

Limites, garde-fous et coûts réels

Les limites

  • Un agent se trompe. Il peut mal comprendre la demande, s’entêter sur une mauvaise piste ou affirmer qu’un test passe sans l’avoir lancé. Relisez et testez.

  • Plus d’autonomie, moins de visibilité. Plus vous laissez un agent enchaîner d’étapes sans vous, plus il est difficile de savoir pourquoi il a fait un choix.

  • Le contexte n’est pas infini. Sur un gros projet, il ne « voit » pas tout en même temps. Les subagents aident justement à découper.

Les garde-fous que je pose toujours

  1. Git d’abord. Chaque étape qui fonctionne est commitée. Un agent qui casse tout se rattrape en une commande.

  2. Des outils minimum. Un subagent de relecture n’a pas besoin d’écrire des fichiers. Donnez à chacun seulement les outils dont il a besoin.

  3. Jamais d’accès direct à la production. Pas de mot de passe de base de données réelle, pas de clé de paiement en clair, pas de déploiement automatique sans relecture.

  4. Des règles écrites. Un fichier CLAUDE.md à la racine du projet dit ce qui est interdit (par exemple : « ne jamais modifier le dossier paiement/ sans demander »).

  5. Une personne qui valide. Pour tout ce qui touche à l’argent, aux données clients ou à ce qui est publié, c’est un humain qui dit oui.

Les coûts

Un agent consomme plus qu’une simple question : il lit des fichiers, fait plusieurs allers-retours, et chaque subagent a son propre contexte. Avec un abonnement Claude, cela se traduit par des limites d’usage atteintes plus vite ; avec l’API, par une facture plus élevée. Les tarifs exacts changent : vérifiez-les sur la page des prix de Claude. J’ai détaillé les options et le paiement depuis le Maroc dans mon article sur le prix de Claude Code.

Mon conseil pratique : commencez avec un seul subagent, mesurez ce qu’il vous fait gagner, et n’en ajoutez un deuxième que si le premier est vraiment utile.

Se former à créer des agents

Créer des agents ne demande pas d’être ingénieur, mais demande des bases solides : terminal, Git, lecture de code, et l’habitude de découper une tâche. C’est le chemin que suit mon cours Claude Code en autonomie : on part du terminal et on termine, dans les dernières leçons, par une petite équipe de subagents qui travaille sur un vrai projet, avec ses garde-fous. Pour une entreprise qui veut appliquer ça à ses propres processus, je propose aussi des ateliers en entreprise construits sur vos cas d’usage.

En résumé

  • Un agent IA choisit lui-même ses étapes et ses outils pour atteindre un but ; un workflow suit un chemin écrit à l’avance.

  • Commencez par la solution la plus simple : un agent ne se justifie que si la tâche ne peut pas être décrite étape par étape.

  • Claude Code est déjà un agent, et ses subagents permettent de créer une petite équipe spécialisée avec un simple fichier Markdown.

  • Limitez les outils de chaque subagent, travaillez avec Git, gardez un humain pour valider ce qui compte.

Sources consultées le 16 octobre 2026 : l’article d’Anthropic « Building effective agents » et la documentation officielle de Claude Code sur les subagents.

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À lire ensuite

Karim El Otmani

Développeur full-stack et IA, Rabat

Je construis des applications web, des fonctionnalités IA et des automatisations pour mes clients, et je forme des non-développeurs à créer leurs propres apps avec Claude Code.

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